
Le premier, qui s’est tenu le 5 mai dans une série de 5 ateliers sur le partage de données B2G dans les villes, a ouvert la voie à un débat ouvert entre pairs entre les villes de l’UE sur leurs expériences en matière de partage de données entre entreprises et administrations (B2G) et sur la manière de développer ces pratiques dans les villes et les régions d’Europe. L’atelier a accueilli plus de 30 représentants des villes de l’UE et de divers services de la Commission européenne et a été animé par Federica Bordelot, d’Eurocities.
Federica Bordelot souligne que les villes et les communautés ont de plus en plus besoin d’accéder aux données détenues par le secteur privé pour concevoir de nouvelles politiques et fournir des services de haute qualité aux citoyens. Elle souligne également la nécessité de développer les bonnes pratiques. La communauté Living-in.eu, qui rassemble plus de 90 villes, régions et communautés, ainsi que des partisans du développement de solutions numériques urbaines, s’emploie à aider les villes à faire en sorte que cela soit nécessaire, parallèlement à la gouvernance et à un cadre réglementaire clair.
Johan Bodenkamp, DG CNECT, Commission européenne, présente le contexte politique. Diverses initiatives sont en cours par la Commission pour faciliter la libre circulation des données sur la base des valeurs de l’UE et de règles équitables et claires, conformément à la stratégie européenne pour les données. Un certain nombre d’instruments législatifs sont en cours de négociation ou en préparation. Il s’agit notamment de la loi sur la gouvernance des données, de la législation sur les marchés numériques, de la loi d’exécution sur les ensembles de données de grande valeur et de la future loi sur les données, sur laquelle une consultation publique sera bientôt ouverte. La Commission soutiendra également la mise en place d’espaces de données sectoriels dans des domaines hautement prioritaires. Pour les villes, l’ espace des données pour les communautés neutres pour le climat et intelligentes (qui fait partie de l’espace de données du pacte vert pour l’Europe) sera très pertinent. Les espaces de données permettront l’accès aux données et leur utilisation selon des règles convenues.
Marina Micheli, JRC, Commission européenne, présente une étude menée dans le cadre du projet DigiTranscope afin de recenser et d’analyser les modèles existants de partage de données dans les villes. Les modèles de partage de données B2G identifiés comprenaient le don de données, les marchés publics, les réserves de partage de données et les clauses contractuelles. Elle présente les avantages et les défis associés à chacun d’entre eux, ainsi que les obstacles à leur expansion au niveau européen.
RON van der Lans, ville d’Amsterdam, souligne que les défis organisationnels, juridiques et culturels, plutôt que les questions techniques, constituent les principaux obstacles au partage de données B2G. Une gouvernance appropriée (souple, avec une capacité d’échelle), une gestion du changement, un soutien politique et financier, ainsi qu’un cadre réglementaire clair sont nécessaires. Si les administrations locales disposent de grandes quantités d’ensembles de données, celles-ci sont généralement statiques, et ne sont donc pas à jour, et sont de qualité variable. Il évoque l’utilité pour les villes de certains types de données détenues par les entreprises de l’économie des plateformes et la manière dont le partage de données avec elles peut être mutuellement bénéfique.
En ce qui concerne la collaboration avec les entreprises, certains défis se posent. Les entreprises qui travaillaient dans un contexte B2B peuvent ne pas être conscientes des besoins spécifiques d’une administration publique. Il se peut qu’ils ne connaissent pas le contexte juridique local, national ou européen. Les méthodes de travail peuvent être différentes, avec certaines attentes en termes d’agilité et de réactivité. RON a présenté une étude de cas approfondie sur le partage de données B2G sur les fermetures de tunnels en vue d’une meilleure gestion du trafic. Cette expérience a également conduit à une expansion avec un réseau national de villes néerlandaises agissant en tant qu’intermédiaire ou plateforme de données, échangeant des données dans les deux sens avec des entités du secteur privé.
Alessandra Barbieri et Chiara Lorenzini, ville de Florence, présentent l’expérience de Florence en ce qui concerne le regroupement de différents acteurs dans un contexte de ville intelligente afin de permettre le partage de données grâce à la création d’une «salle de contrôle des villes intelligentes» (SCCR). La SCCR rassemble des opérateurs de services (ville, police, parking et gestion routière, transports publics et services d’utilité publique) et des prestataires de services (opérateurs de mobilité, sociétés de taxis, compagnies d’autobus touristiques, opérateurs logistiques, etc.). Les données sont partagées entre les parties sur la base d’une combinaison d’obligations contractuelles pour les opérateurs de services (avec la région de Toscane ou la ville de Florence) et d’accords mutuels de partage de données avec des sociétés de plateformes. Des cas concrets d’utilisation liés au secteur de la mobilité ont été présentés et des défis et des limites ont été recensés.
Une discussion a eu lieu au cours de laquelle l’importance du partenariat a été soulignée: partenariats bilatéraux entre les villes et les entreprises, multilatéraux — où les données sont partagées entre toutes les parties du partenariat, et partenariats entre villes collaborant pour développer le partage de données B2G.
Vous trouverez ici des informations sur la manière de s’inscrire et les dates des futurs ateliers.
Le prochain atelier aura lieu le 19 mai 10, de 00 heures à 11.30 heures HEC, et sera axé sur le partage de données dans le secteur de la mobilité.
Programme de l’atelier du 19 mai «Vers des services de mobilité verts, intelligents et abordables dans les villes et les communautés»:
- Accueil et introduction par la modératrice — Federica Bordelot, conseillère politique, Eurocities
- Vers des services de mobilité écologiques, intelligents et abordables dans les villes et les communautés: enseignements tirés du partage de données sur la mobilité B2G
- Cas d’utilisation de la ville de Barcelone
- Cas d’utilisation de la ville de Lisbonne
- Cas d’utilisation de la ville de Pilsen
- Q &A
- Conclusions et étapes suivantes