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Bâtir l’avenir numérique de l’Europe

Liberté et pluralisme des médias

L'Union européenne défend la liberté et le pluralisme des médias en tant que piliers de la démocratie moderne et catalyseurs d'un débat libre et ouvert.

La liberté et le pluralisme des médias assurent la circulation de l'information et jouent un rôle clé dans l'obligation de rendre des comptes au pouvoir. La Commission a intensifié ses travaux dans ce domaine, en plaçant la liberté des médias au cœur de ses rapports sur l’état de droit et en continuant à financer divers projets apportant des résultats tangibles. La Commission a également prévu des initiatives clés pour améliorer le travail et la sécurité des journalistes et a adopté un plan d’action visant à favoriser un écosystème médiatique viable.

Les engagements de l'Union européenne à respecter la liberté et le pluralisme des médias et à défendre la liberté d'expression - qui comprend le droit de recevoir et de communiquer des informations sans ingérence de l'autorité publique - sont consacrés à l'article 11 de la charte des droits fondamentaux de l'UE, qui reflète l'article 10 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Législation européenne sur la liberté des médias (EMFA)

Le règlement européen sur la liberté des médias (EMFA) est entré en application dans l’ensemble de l’Union européenne en août 2025. Elle s’appuie sur ladirective «Services de médias audiovisuels»révisée. Proposée pourla première fois en septembre 2022,la Feampa vise à renforcer l’intégrité du marché intérieur et, partant, à protéger le pluralisme et l’indépendance des médias dans l’UE. Un appel à contributions et une consultation publique ouverte ont été organisés lors de l’élaboration de la législation européenne sur la liberté des médias. L’AEAMP vise à:

  • protéger l’indépendance éditoriale en exigeant des États membres qu’ils respectent la liberté éditoriale effective des fournisseurs de services de médias;
  • Protéger les sources journalistiques, y compris contre l’utilisation de logiciels espions.
  • garantir le fonctionnement indépendant des médias de service public, notamment en garantissant des ressources financières adéquates, durables et prévisibles et en favorisant la transparence dans la nomination du ou des chefs des conseils de gestion des médias de service public;
  • garantir la transparence de la propriété des médias par la divulgation par les fournisseurs de services de médias d’informations spécifiques les concernant (par exemple, noms légaux, coordonnées, propriété);
  • prévoir des garanties contre la suppression injustifiée par les très grandes plateformes en ligne (désignéesen vertu de la législation surles services numériques)  de contenus médiatiques produits conformément à des normes professionnelles mais jugés incompatibles avec les conditions générales;
  • introduire un droit de personnalisation de l’offre de médias sur les appareils et les interfaces, tels que les téléviseurs connectés, permettant aux utilisateurs de modifier les paramètres par défaut pour refléter leurs propres préférences;
  • veiller à ce que les États membres fournissent une évaluation de l’incidence des principales concentrations sur le marché des médias sur le pluralisme des médias et l’indépendance éditoriale au moyen de tests de pluralisme des médias;
  • garantir une plus grande transparence en matière de mesure de l’audience pour les fournisseurs de services de médias et les annonceurs, afin de limiter le risque de données d’audience gonflées ou biaisées;
  • établir des exigences de transparence pour l’attribution de la publicité d’État aux fournisseurs de services de médias et aux plateformes en ligne par les autorités et entités publiques;
  • Intensifier et étendre la coopération et la coordination entre les régulateurs des médias, y compris en ce qui concerne les mesures relatives aux services de médias en provenance de l’extérieur de l’Union.

Autres textes législatifs et état de droit

Les poursuites stratégiques altérant le débat public, communément appelées «poursuites-bâillons», sont une forme particulière de harcèlement utilisée principalement contre les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme afin de prévenir ou de pénaliser la prise de parole sur des questions d’intérêt public. La directive sur les poursuites stratégiques altérant le débat public (poursuites-bâillons) est entrée en vigueur en mai 2024, fournissant aux juridictions et aux cibles des poursuites-bâillons les outils nécessaires pour lutter contre les procédures judiciaires manifestement infondées ou abusives. Les garanties s’appliquent aux matières civiles ayant une incidence transfrontière.

La Commission a adopté un plan d'action pour la démocratie européenne. Elle travaillera en étroite collaboration avec les États membres et les parties prenantes pour améliorer la sécurité des journalistes. Il fournira un financement durable à des projets axés sur l’assistance juridique et pratique aux journalistes dans l’UE et ailleurs. Un dialogue avec les parties prenantes a été lancé en mars 2021 dans le cadre du Forum européen des médias d’information, les parties intéressées étant en mesure de fournir un retour d’information sur la recommandation sur la protection, la sécurité et l’autonomisation des journalistes et autres professionnels des médias adoptée en septembre 2021. Le plan prévoit également de promouvoir une répartition transparente et équitable de la publicité d’État, de favoriser la diversité des médias et de développer une approche européenne de l’importance des services de médias audiovisuels d’intérêt général.

Le mécanisme pour l’état de droit consacre une section essentielle à la liberté et au pluralisme des médias, qui examine les autorités et organes de régulation des médias, la transparence de la propriété des médias et de l’ingérence du gouvernement, ainsi que le cadre de protection des journalistes. Le premier rapport sur l’état de droit, couvrant l’ensemble des 27 États membres, a été publié le 30 septembre 2020. Il présente une synthèse de la situation de l’état de droit dans l’UE et une évaluation de la situation dans chaque État membre, en mettant l’accent sur quatre piliers principaux: le système judiciaire, le cadre de lutte contre la corruption, le pluralisme des médias et d’autres mécanismes institutionnels d’équilibre des pouvoirs. 

En 2024, le cinquième rapport annuel sur l’état de droit a mis en évidence à la fois les progrès accomplis et les défis actuels dans le paysage médiatique des États membres. Le rapport reconnaît les mesures concrètes prises par plusieurs États membres pour améliorer la sécurité et les conditions de travail des journalistes, ainsi que l’élargissement des tâches et des compétences de nombreux régulateurs nationaux des médias. Malgré ces avancées, le rapport a exprimé des préoccupations persistantes concernant la gouvernance indépendante et la stabilité financière des médias de service public, la transparence de la propriété des médias, l'accès aux documents publics et la distribution équitable de la publicité d'État. La Commission a réitéré ses recommandations dans ces domaines, en mettant l'accent sur la sécurité des journalistes. 

La grande puissance détenue par les plus grandes plateformes en ligne justifie d’envisager des règles ex ante spécifiques pour préserver la concurrence et le choix des consommateurs en ligne. La législation sur les services numériques améliore considérablement les mécanismes de suppression des contenus illicites et de protection effective des droits fondamentaux des utilisateurs en ligne, y compris la liberté d’expression.

La directive révisée sur les services de médias audiovisuels renforce les garanties juridiques dans plusieurs domaines couverts par l’instrument de surveillance du pluralisme des médias, à savoir la modération des contenus en ligne, l’indépendance des régulateurs des médias, la transparence de la propriété des médias et l’éducation aux médias. La Commission suit de près le processus de transposition.

Le législateur de l’Union a adopté des règles pour un marché plus équitable avec l’article 17 de la nouvelle directive sur le droit d’auteur. Ces règles visent à aider les titulaires de droits à être mieux placés en ce qui concerne certaines plateformes de partage en ligne. Elles garantissent aux titulaires de droits une rémunération plus équitable pour l’utilisation de leurs contenus. En ce qui concerne le nouveau droit des éditeurs de presse (article 15 de la nouvelle directive sur le droit d’auteur), il favorisera un journalisme pluriel, indépendant et de qualité grâce à une meilleure position de négociation des éditeurs de presse vis-à-vis des acteurs du marché en ligne.

Mesures de financement et de soutien

L’UE finance plusieurs projets qui promeuvent un environnement médiatique libre, diversifié et pluraliste et/ou répondent aux défis structurels des secteurs des médias.

La Commission a également présenté une série de mesures visant à soutenir l’économie et a invité les États membres à en tirer le meilleur parti pour soutenir le secteur des médias.

  • Un encadrement temporaire des aides d'État a été rapidement mis en place et étendu. Un modèle spécifique d’orientation en matière d’aides d’État pour la numérisation des médias d’information a également été publié afin d’aider les États membres à concevoir leurs plans nationaux pour la reprise et la résilience.
  • Le soutien financier de REACT-EU concentre des fonds de cohésion supplémentaires sur les priorités vitales des petites et moyennes entreprises (PME), ou sur les PME créatives du secteur culturel reconnues comme prioritaires. Ces fonds comprennent des subventions à l'emploi, des programmes de travail à court terme, ainsi que des liquidités et de la solvabilité pour les PME.  
  • Le soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence (SURE) est un instrument dont disposent les États membres pour lutter contre les conséquences économiques et sociales négatives de la pandémie de COVID-19.
  • Les outils existants ont été adaptés, y compris une plus grande flexibilité dans la mise en œuvre des projets soutenus. Par exemple, le mécanisme de garantie existant pour les PME des secteurs de la culture et de la création, y compris les médias, permet une plus grande flexibilité dans le remboursement des prêts et facilite les prêts en donnant plus de sécurité aux institutions financières.
  • La Commission a adopté un plan d’action visant à soutenir la reprise et la transformation du secteur des médias et de l’audiovisuel. Ces secteurs, particulièrement touchés par la crise du coronavirus, sont essentiels pour la démocratie, la diversité culturelle et l’autonomie numérique de l’Europe. Le plan d'action se concentre sur 3 domaines d'activité et 10 actions concrètes. Ceux-ci aideront le secteur des médias à se remettre de la crise en facilitant et en élargissant l’accès au financement. Elles aideront également le secteur des médias à se transformer en stimulant les investissements afin d’adopter la double transition numérique et écologique tout en garantissant la résilience future du secteur. Enfin, ils donneront aux citoyens et aux entreprises européens les moyens d’agir.

Chronologie de la législation européenne sur la liberté des médias (EMFA)


 

  •  
    16 septembre 2022
    • La Commission adopte la proposition relative à la FEAMP
  •  
    Mars 2024
    • Adoption par le Parlement européen et le Conseil
  •  
    7 mai 2024
    • L’AEAMP entre en vigueur 
  •  
    8 novembre 2024
    • La disposition relative au droit à la pluralité des médias devient applicable
       
  •  
    8 février 2025
    • Entrée en application de 
      • Droit des fournisseurs de services de médias à une activité économique sur le marché intérieur sans restrictions
      • Obligations des fournisseurs de services de médias fournissant des contenus d’information et d’actualité en ce qui concerne l’indépendance des décisions éditoriales
      • Modifications de la directive SMA
      • Régulateurs indépendants des médias et dispositions du Conseil
  •  
    8 mai 2025
    • La disposition relative à la coopération réglementaire devient applicable
  •  
    8 août 2025 
    • Entrée en application:
      • Protection des journalistes et des professionnels des médias contre les mesures prises par les États membres 
      • Garanties d’indépendance des médias de service public
      • Transparence de la propriété des médias
      • Contenu médiatique sur les TGPL
      • Exigences applicables aux mesures nationales affectant les fournisseurs de services de médias
      • Évaluations et avis sur les concentrations sur le marché des médias
      • Mesure de l'audience
      • Publicité d'État 
  •  
    8 mai 2027
    • La personnalisation des offres médias devient applicable
       

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